Collège Stanislas - Evénements

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Cérémonie du 8mai :

Le 8 mai 2015

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La cérémonie d’aujourd’hui est l’occasion de rendre un hommage particulier à tous les anciens de ce Collège qui se sont engagés avec force durant les deux conflits mondiaux et sont allés pour certains d’entre eux jusqu’au sacrifice ultime. Les noms de centaines d’anciens tombés au champ d’honneur sont inscrits sur notre monument aux morts. Au centre de ce monument, vous pourrez lire la citation suivante (en latin) « Ils fleuriront comme les lys dans la cité de Dieu ». Ces hommes se sont engagés par fidélité à leur pays. Ne les oublions pas.

J’aimerais évoquer quelques-uns de ces anciens de Stanislas. Parmi eux, Pierre DUPOUEY, jeune officier mort durant la guerre de 1914-1918. Après sa prépa, il entre à l’École Navale. Il est fauché le 3 avril 1915 alors qu’il inspectait la ligne de front. Le 3 avril 1915 était le samedi Saint… La veille de sa mort il citait Claudel dans une de ses lettres : « L’important ce n’est pas de vaincre mais de n’être pas vaincu ». Il écrivait encore : « Si je sens dans mon cœur tant de courage pour combattre et défendre mon pays, c’est que cette chère France a produit et produira des cœurs comme le tien, de suaves fleurs simples et fidèles » (24 novembre 1914).
Trente ans plus tard, pendant l’année 1944-1945, une autre génération est au combat. Comment ne pas citer une figure héroïque de ces deux guerres, Jean LANEZ, ancien de Stan lui aussi. Né en 1897, il réussit à incorporer l’armée en septembre 1914 et devient alors – à 18 ans seulement - le plus jeune lieutenant. Pilote de Chasse en 1919, il abat plusieurs avions allemands. Petit industriel céréalier dans l’Aube en 1939, il reprend du service comme officier au moment de l’entrée en guerre de la France. Pendant l’occupation, il organise un réseau de résistance. Arrêté par la Gestapo en janvier 1944, il est déporté à Auschwitz, Büchenwald puis Flossenburg. Il meurt de mauvais traitements et de malnutrition le 15 janvier 1945.

Un autre de nos illustres anciens, né en 1912, est l’abbé Raymond BARBA. Ce jeune prêtre est blessé en juin 1940 et fait prisonnier à Charleville-Mézières. Il est autorisé, pendant quelques mois, à devenir curé de campagne dans les Ardennes, puis se retrouve balloté de camp en camp. Quand vient le manque de nourriture, il se prive pour distribuer sa part. Son rayonnement est immense et lorsqu’il meurt en mars 1945, tout le camp assiste à ses funérailles. Son cercueil est recouvert d’un drapeau tricolore de fortune.

Enfin, je veux rappeler le destin tragique de l’un de nos jeunes résistants, Jean-Paul ANDRÉ, étudiant en prépa à Stanislas, fusillé par les nazis en juin 1944 à Marcilly-en-Villette. Il avait 19 ans. Dans une lettre adressée six mois avant sa mort au directeur de Stanislas, il y révèle sa détermination à se battre pour la France jusqu’au sacrifice de sa vie si les événements l’exigent : « Je dois rejoindre, le jour fixé, une petite ville de Normandie. […] Là, je dois vaincre ou mourir… et j’espère bien vaincre. Mais s’il faut mourir, je partirai faire le grand voyage le sourire aux lèvres et le bonheur dans les yeux. […] Dites à tous les gosses que vous connaissez que la France est plus belle que jamais puisqu’un pauvre brave garçon, un peu malheureux peut-être, va se faire tuer pour elle et que des milliers et des milliers d’autres le feront. Dites leur bien que notre défaite n’a duré qu’un temps court puisque depuis longtemps ceux qui ont été un instant abattus relèvent fièrement le front maintenant, dites-leur bien… ».
Souhaitons que le sang versé par ses anciens élèves soit comme une semence pour toutes les générations futures.


M. LE DIAGON
Censeur-Directeur des classes préparatoires (2003 -2015)

COLLEGE STANISLAS
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