Lycée - Pôle Ozanam - Edito

Menu d'accès rapide :

bandeau

Lycée - Pôle Ozanam - Edito 

envoi mail imprimer
« Au soir de cette vie nous serons jugés sur l’amour ». Cette sentence de St Jean de la Croix nous rappelle que notre sécurité mondaine loin de nous mettre à l’abri nous expose à un jugement plus sévère parce que nous sommes de ceux qui ont beaucoup reçu ! Certes nous n’avons jamais commis de grand crime mais qu’avons-nous fait de bien ? Avons-nous aimé ? Comment ne pas trembler à la lecture des évangiles et à la tristesse du Christ devant le jeune homme riche ?
D’aucuns diront que le Pôle Ozanam est un verni pour justifier notre opulence, pour tromper sur l’état de notre cœur. Tromper le Bon Dieu,  Celui qui « sonde les reins et les cœurs »…

D’autres y verront un outil de conversion.
 Certains, ceux-là mêmes qui n’y voient qu’un verni (et chacun y trouvera ce qu’il y sera venu chercher) lui reprocheront son cadre un peu formel. La charité, disent-ils,  se passe de structure! Sans doute sont-ils assez forts et leur charité est assez grande pour s’exprimer librement, à l’improviste, à chaque coin de rue… Mais nous les riches et les pharisiens, nous les docteurs et les prêtres nous l’avons entendu cette parole du Christ « malheur à vous les riches » et nous savons « qu’il est plus facile à un chameau », et que la charité n’est pas aisée pour celui qui est dans l’abondance. Le Pôle nous engage et nous oblige et nous pousse dans cette voie, il nous invite aux périphéries, « là où nous ne voudrions pas aller ».
 Qu’allons-nous y trouver dans cette voie ? Il ne faut pas tricher, il faut poser simplement la seule question véritable, la seule question que nous n’osons pas poser parce que nous avons déjà une réponse toute faite. Une  réponse toute apprise et tant de fois récitée. Est-il vraiment nécessaire d’aller servir notre prochain ? Puisqu’il est entendu que tous les hommes cherchent le bonheur et Pascal (qui n’est pas un amuseur et pour qui les mots ont un sens) ajoute : « même celui qui va se pendre ». Puisqu’il n’y a pas une parole et une action et même une respiration qui ne soit ordonnée au bonheur (et cela est entendu), puisqu’il en est ainsi et que le royaume des Cieux n’y peut rien changer, je le répète : est-il vraiment nécessaire d’aller servir notre prochain ? (Cet inconnu sur la route de Jéricho) En serons-nous simplement plus joyeux ? Voilà la question et il n’y en a pas d’autre.

Il ne faudrait pas répondre trop vite, nous jeter dans une réponse de convenance : « il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Et je ne dis pas que ce n’est pas une bonne réponse,  je dis que nous la récitons tristement, sans la connaître et il ne s’agit pas ici de réciter son catéchisme mais d’interroger son cœur : y a-t-il effectivement plus de joie à donner qu’à recevoir ?
Nous savons bien que la richesse toute seule nous écœure et que pour nous faire passer la nausée il nous en faudra toujours plus (il y a là un cercle vicieux). Nous le savons et nous savons aussi qu’il y a assez de richesse dans le monde pour nous divertir de cette nausée jusqu’à la mort. Alors quoi ? Il n’y a pas de réponse parce qu’il y a une vie à engager dans un sens ou dans l’autre.

Chers élèves, la réponse c’est à vous de la donner de tout votre cœur. Le pôle Ozanam vous engage dans cette voie étroite qui est l’amour, parce que nous la savons féconde et pleine de joie, mais c’est à vous qu’il appartient d’offrir vos talents, votre joie aux plus petits, aux clochards du quartier, aux malades et à tous ceux qui la réclament. « La mesure dont vous vous servez pour les autres, servira aussi pour vous ».

 
Romain CUCUEL
Préfet des Premières


COLLEGE STANISLAS
22 rue Notre-Dame des champs - 75279 PARIS Cedex 06
Tel : 01-42-84-88-00 - FAX : 01-42-84-88-53