Collège Stanislas - Historique

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Le Collège Stanislas

Collège Stanislas - Historique 

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Du Consulat à la monarchie de juillet

Après la disparition des collèges qui existaient en France avant la Révolution, l’échec des écoles centrales départementales créées par le Directoire, et la promulgation de la loi Fourcroy de 1802 sur l’organisation de l’instruction publique, la Maison d’Éducation de la rue Notre-Dame-des-Champs est fondée, le 15 août 1804, par un jeune prêtre de 30 ans. Instruit dans les meilleurs collèges de l’Ancien Régime, l’abbé Claude Liautard (1774-1842) était, avant le séminaire, entré à l’École polytechnique dans sa première promotion (X 1794) où il avait suivi la pédagogie de Monge. Il s’associe, dans son entreprise, aux abbés Augé et Froment de Champlagarde. L’établissement ainsi créé est l’un des tout premiers parmi les plus anciens établissements d’études secondaires existant encore en France actuellement.
La nouvelle maison d’éducation est installée, à l’origine, dans l’hôtel Traversière, rue Notre-Dame-des-Champs, et située entre les actuelles rues Sainte-Beuve et Vavin. Elle est augmentée, en 1814, de l’hôtel de Fleury, qui lui est mitoyen, situé à l’emplacement de l’actuelle rue Bréa. Cet hôtel avait été construit par l’abbé Terray, ancien ministre de Louis XV. Le tout représentait un espace de quelque trois hectares dont les jardins donnaient sur le boulevard du Montparnasse.

Reconnu « collège de plein exercice » en 1821, l’institut Liautard prend, en 1822, la dénomination de « Collège Stanislas », par référence au prénom de baptême de Louis XVIII et de son aïeul, Stanislas Leszczynski. De 1825 à 1839, ses murs deviennent la propriété de la ville de Paris.

De la monarchie de Juillet au second Empire

Le Collège prend une part importante aux débats qui animent la société française dans les années 1830. Plusieurs de ses initiatives ont un grand retentissement, comme l’enseignement de Frédéric Ozanam ou le lancement des conférences de Carême de Notre-Dame par l’abbé Henri Lacordaire.

Après le départ du dernier prêtre fondateur, l’abbé Augé, en 1838, l’établissement est organisé en société civile : la Société du Collège Stanislas, qui rachète les bâtiments et leurs jardins à la ville de Paris.

Dans les années 1840, l’abbé Joseph Gratry, philosophe, polytechnicien et futur restaurateur de l’Oratoire de France en 1852, opère deux innovations pédagogiques majeures : l’institution pour l’enseignement primaire d’une « école préparatoire aux travaux classiques » exempte, contrairement à ce que voulait une règle séculaire, de latin avant la classe de 6e, et celle d’une Ecole préparatoire aux « écoles du gouvernement » (Polytechnique, Saint-Cyr, École des Eaux et Forêts, École normale supérieure). Parmi ses professeurs : le bienheureux Frédéric Ozanam (1813-1853).

En 1847, d’importants projets d’urbanisme de la ville de Paris et le percement des rues Vavin et Bréa amènent Stanislas à déménager pour occuper de nouveaux locaux, l’ancien hôtel de Mailly (un temps reconverti en brasserie) à l’actuel n° 22 de la rue Notre-Dame-des-Champs, où il est désormais implanté.

Du second Empire à la séparation de l’Église et de l’État

En 1855, Stanislas est racheté par la congrégation des prêtres de la Société de Marie (Marianistes) créée en 1817 par trois prêtres, dont l’Abbé Lalanne, ancien élève. Ce dernier, disciple de l’abbé Liautard, en devient le nouveau directeur. L’abbé Lalanne, puis l’abbé de Lagarde, qui lui succède en 1870, donnent une vigoureuse impulsion au Collège.

Les locaux s’étendent bientôt sur divers immeubles mitoyens. Le nombre des élèves s’accroît pour atteindre 1 500 à la fin du siècle, quand il n’était que de 500 sous le premier Empire. Dans l’ambiance d’héroïsme de la guerre de 1870, l’abbé de Lagarde donne au Collège son blason et lui propose sa règle de vie : « Français sans peur, Chrétien sans reproche ».

La vie intellectuelle à la fin du siècle n’est pas moins active que dans les années 1830. De grands anciens élèves restés proches du Collège, en particulier Edmond Rostand (auteur de Cyrano de Bergerac et de L’Aiglon) et Marc Sangnier (fondateur du Sillon), illustrent les sentiments de générosité et de courage que Stanislas s’attache à développer.

En 1902, devant les risques politiques qui pèsent sur les congrégations, des anciens élèves, conduits notamment par Félix Sangnier, Pierre de Ségur, Albert Marcilhacy, Maurice Poussielgue-Rusand, et Albert Thiéblin, constituent, en parfait accord avec l’abbé Prudham, directeur, une nouvelle société (l’actuelle société anonyme Stanislas), qui convient avec la Société de Marie de lui racheter le collège dès janvier 1903. Ils confient en mars suivant la direction de l’établissement à l’abbé Pautonnier. Celui-ci sollicite et obtient l’accord de Mgr Richard de Lavergne, cardinal-archevêque de Paris, sur sa nomination, et est autorisé à recruter des collaborateurs dans le clergé du diocèse.

Première moitié du XXe siècle

Après les épreuves d’un climat politique conflictuel, au début du siècle, et de la guerre de 1914, Stanislas, dès 1919, s’agrandit encore par l’acquisition d’immeubles et de terrains limitrophes, et se dote en 1930-1931 d’un nouveau bâtiment fonctionnel réservé aux classes préparatoires, qui obtiennent de nombreux et brillants succès.

Le nombre des élèves dépasse 2 000. Le foyer Ozanam est construit en 1936, puis l’école Saint Léon est prise en charge dans le XVe arrondissement. Le collège Stanislas de Montréal est créé au Canada en 1938 et en 1941, c’est le collège Masséna qui est pris sous contrôle et devient, à son tour, le collège Stanislas de Nice.

Seconde moitié du XXe siècle

Dès 1951, Stanislas conclut pour ses classes préparatoires un contrat d’association avec le lycée Saint-Louis, dans l’esprit de ceux que devait instituer la loi Debré du 31 décembre 1959, et auxquels il adhère bientôt.

Dans les années 1960, les missions d’assistance auprès des collèges de Montréal et de Nice et de l’école Saint-Léon prennent fin. Par ailleurs, entre 1964 et 1974, les bâtiments sont entièrement remaniés et le foyer Guynemer est créé.

La mixité est introduite progressivement : en 1966 aux classes préparatoires, en 1967 en maternelle, en 1982 à l’école, et en 1995 au lycée. En 1992, les Sœurs de Nazareth demandent à Stanislas d’absorber le collège de jeunes filles dont elles avaient la tutelle , mais celui-ci reste isolé de l’établissement. En 1997, il est mis fin à cet isolement, ce qui permet d’introduire la mixité d’une façon optionnelle au collège : classes mixtes et non mixtes y sont proposées pour accompagner les cheminements divers des garçons et des filles à l’adolescence.

Stanislas actuellement

Depuis 1997, Stanislas est placé sous la responsabilité de directeurs laïcs nommés par l’archevêque de Paris avec l’accord du Conseil d’administration.

Stanislas a la particularité d’avoir la forme juridique d’une société anonyme qui a pour objet de dispenser l’enseignement à des élèves poursuivant des études primaires, secondaires et supérieures en conformité avec son caractère propre d’établissement d’enseignement privé impliquant le respect des principes généraux de l’Eglise catholique romaine et des conventions particulières conclues avec les représentants de celle-ci. En conformité avec les lois et les règlements en vigueur, Stanislas donne cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience de chacun, et c’est sans distinction d’origine ou de croyance  que les enfants y ont accès.

Les actions de Stanislas sont sous la garde des héritiers et ayants droit des fondateurs, parmi lesquels la Fondation Stanislas pour l'Education et trois associations étroitement liées à la vie de l’établissement détiennent, ensemble, le contrôle majoritaire.

Stanislas est :
 
  • lié à l’État par contrats d’association conclus en application de la loi Debré du 31 décembre 1959 pour chacune de ses quatre unités pédagogiques (école, collège, lycée, classes préparatoires) ;
  • reconnu établissement d’enseignement catholique par l’Église, et lié à l’archevêque de Paris par les accords des 26 avril 1916 et 19 mars 1999.
 

En matière de pédagogie et d’hygiène et de sécurité, la Société délègue entièrement au Directeur, chef d’établissement, les pouvoirs de décision et de représentation qui lui sont nécessaires.

Stanislas, qui compte actuellement plus de trois mille élèves, a fêté son bicentenaire en 2004 et 2005. Ses nouveaux bâtiments Nazareth et Montparnasse ont été inaugurés par S. Ém. le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le 23 septembre 2011, en présence de toute la communauté éducative et des représentants de l'Enseignement catholique.

L’Institution Notre-Dame-des-Champs avait été fondée, en 1904, par Marguerite Teilhard-Chambon (1880-1959) afin de continuer l’enseignement du collège Notre-Dame-de-Sion pour les jeunes filles. En effet, cette congrégation s’étant trouvée privée du droit d’enseigner par la loi du 2 août 1904, Marguerite Teilhard-Chambon, qui venait d’obtenir l’agrégation des lettres (1904), poursuivit, sous sa responsabilité, la mission des Sœurs de Notre-Dame-de-Sion. À la promulgation de la circulaire Malvy du 2 août 1914, qui suspendait l’application de la loi, les sœurs reprirent leur établissement du 61, rue Notre- Dame-des-Champs, pendant que Mlle Teilhard-Chambon et ses professeurs continuaient, leur activité 20, rue du Montparnasse (dans un bâtiment construit en 1914-1915 et démoli en février 2010). En 1922, la direction de l’établissement devait être reprise par les Sœurs de Nazareth, qui l’exercèrent jusqu’en 1992.
Abbé Liautard
Gravure de Stanislas en 1905
Frédéric Ozanam
l'abbé Lacordaire
L'abbé de Lagarde (1831 - 1884)
7e directeur de Stanislas
Albert Marcilhacy
cardinal André Vingt-trois
COLLEGE STANISLAS
22 rue Notre-Dame des champs - 75279 PARIS Cedex 06
Tel : 01-42-84-88-00 - FAX : 01-42-84-88-53