Collège Stanislas - Archives - Dictionnaire - G & H

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GUYNEMER Georges (1894-1917)

G

H

HETZEL Pierre-Jules (1814-1886) :

Pseudonyme : P.-J. Stalh
 
Année de grandes commémorations, 2014 est aussi l’année du bicentenaire d’un de nos anciens élèves, l’éditeur Hetzel, l’alter ego de Jules Verne. Vous avez tous fait le tour du monde en quatre-vingts jours ou vogué à vingt mille lieues sous les mers. C’est Hetzel, éditeur de talent, qui vous a mis dans les mains ces beaux livres rouges ornés d’illustrations dorées.
 
Écrivain et éditeur français, né à Chartres le 15 janvier 1814, Pierre-Jules Hetzel est le fils d’un maître sellier d’un régiment de cavalerie. Il étudie à Chartres puis entre au collège Stanislas où il entre en classe de cinquième en octobre 1827. L’abbé Augé était le directeur de l’époque. Il quitte Stan après sa classe rhétorique en juillet 1831 pour aller faire le droit à Strasbourg, jusqu’en 1835. Il est ensuite engagé comme commissionnaire par l'éditeur Jean Baptiste Paulin (1796-1859) – connu pour avoir fondé le journal L’Illustration. Deux ans plus tard en 1837, Hetzel fonde sa propre maison d'édition.

En 1841, il devient l’un des éditeurs de la Comédie humaine d’honoré de Balzac mais également de Victor Hugo et d’Émile Zola. Sous le pseudonyme de P.J. Stahl, écrivit des romans pour la jeunesse ; ainsi, en collaboration avec George Sand, Honoré de Balzac, Jules Janin ou le dessinateur J.J. Grandville, il publie les Scènes de la vie privée et publique des animaux, Etudes des mœurs entre 1840 et 1842, son premier grand succès. Fort de cette réussite, il lance alors sa première collection : Le Nouveau Magasin des Enfants, en 1843, à laquelle participent de célèbres auteurs comme Alexandre Dumas et des dessinateurs, comme cet autre ancien élève du Collège Stanislas, le grand illustrateur Albert d’Arnoux dit « Bertall » (1820-1882), avec qui il édite les Nouvelles et Véritables Aventures de Tom Pouce et L’Histoire d’un casse-noisette en 1844.

En 1848, Hetzel, qui collabore avec des journaux républicains, devient chef de cabinet d’Alphonse de Lamartine, alors ministre des Affaires étrangères, puis du ministre de la Marine de l’éphémère IIe République. Lors du coup d'État qui voit l’avènement du Second Empire (1851), il est proscrit par le nouveau gouvernement de Napoléon III, et  s’exile en Belgique, où il continue son travail d'éditeur, publiant clandestinement Les Châtiments de Victor Hugo.

En rentrant en France après l’amnistie de 1859 et la libéralisation du régime, il installe sa maison d’édition : « Hetzel et Cie », au 18 rue Jacob à Paris. Hetzel s’affirme alors comme un éditeur visionnaire : il lance la littérature pour la jeunesse et fait entrer l’image dans le livre, c’est la série des « Mademoiselle Lili » ! En 1864, il crée la collection du Magasin d’éducation et de récréation dont l’objectif est de permettre la collaboration entre les savants et les écrivains afin d’utiliser la fiction et la science au service de la pédagogie. Il offre ainsi aux enfants les textes des plus grands auteurs du XIXe siècle, illustrés par des dessinateurs prestigieux ; on lui doit par exemple une édition marquante des contes de Charles Perrault illustrée par Gustave Doré, qu’il préface lui-même.
Avec Macé et Bertall, nos trois anciens publient par exemple les Contes du petit château en 1866, mais c’est surtout à partir de cette année-là que Hetzel connaît un énorme succès, par l’édition des Voyages extraordinaires de Jules Verne, dont il devient l’ami. Les textes sont édités sous forme de trois collections destinées aux étrennes, l’une économique sans illustration, une autre de petit format peu illustrée et la troisième d’un format plus grand et en un cartonnage resté unique et célèbre, richement illustré et aujourd’hui encore très recherché par les bibliophiles.

Chevalier de la Légion d’honneur en 1978, Pierre-Jules Hetzel meurt le 17 mars 1886 à Monte-Carlo à l’âge de 72 ans. Son fils lui succède mais, en 1914, il finit par vendre la maison d’édition à son concurrent Hachette.
 
Claire COMBI, Vianney COURTOIS, Vianney GOIFFON, Nicolas JEAN, et Aymeric VIANT-ROSIO (promo 2014). NL.

 Pour le Dictionnaire de Stan, cette biographie a été écrite et envoyée par M. Frédéric Lafarge.
 
Le plus illustre des aviateurs français est Georges Guynemer, pilote de chasse mort pour la France en combat aérien le 11 septembre 1917, dont la dernière citation à l’ordre de l’armée est lue solennellement sur toutes les bases aériennes de l’Armée de l’air à chaque anniversaire de sa disparition. Mais qui fut ce « héros légendaire tombé en plein ciel de gloire » ?
 
Georges Guynemer naquit le 24 décembre 1894 à Paris (au n° 89 de la rue de la Tour, dans le 16e arrondissement). En 1903, sa famille, issue de la bourgeoisie et demeurant en Normandie, au Thuit (Eure), vendit son château et alla s’installer dans l’Oise, à Compiègne. Enfant, le jeune Georges, chétif, ne fut jamais en bonne santé et il fallut que son père, ancien officier issu de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, luttât pour que son fils unique, choyé parce que fragile, « devienne un homme ». Doué mais dissipé voire turbulent, il fut envoyé à Paris en 1906 pour y étudier dans un établissement d’enseignement catholique réputé : le Collège Stanislas (implanté rue Notre-Dame-des-Champs, dans le 6e arrondissement), où il obtint son baccalauréat en 1912, puis prépara le concours d’entrée à l’École polytechnique.
 
La santé médiocre du jeune homme – qui mesurait 1,73 mètre et ne pesait pas plus de 50 kg – vint toutefois interrompre ces projets et força la famille Guynemer à se retirer sur la côte atlantique, dans la station balnéaire d’Anglet (Basses-Pyrénées), où elle se trouvait début août 1914, lorsque la guerre éclata. Le jeune Georges voulut aussitôt s’engager dans l’armée, mais on le lui refusa – et à plusieurs reprises, en dépit des relations de son père – pour faiblesse de constitution. C'est par l'école d'aviation militaire de Pau – qu’il intégra le 22 novembre « au titre du service auxiliaire comme élève mécanicien d’avion » grâce à la bienveillance de son commandant, le capitaine Alphonse Bernard-Thierry – que Georges Guynemer, fasciné depuis sa plus tendre enfance par l’aviation, parvint à intégrer l’armée, plus spécialement l'Aéronautique militaire. « Je suis soldat. J’espère aller dans les deux mois au feu... » Soutenu par le commandant de l’école, le jeune engagé volontaire « pour la durée de la guerre » rédigea le 23 décembre une demande adressée au ministre de la Guerre pour devenir élève-pilote : « J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir m’admettre dans le personnel navigant comme élève pilote. J’ai déjà exécuté des vols comme passager. ». L’armée y répondit favorablement, et Georges Guynemer vola pour la première fois début mars 1915. Peu après, le 20 mars, il intégra l'école de pilotage du camp d'Avord (Cher) et, un mois plus tard, le 26 avril, il fut breveté pilote militaire. « Il était très nerveux, très excité. Seulement il aimait ça, il ne jurait que par l’aviation, c’était un mordu ! » a raconté Paul Tarascon, qui fut son instructeur à l’école de Pau.
Après un bref passage par la réserve générale d’aéronautique du Bourget pour s’y entraîner sur avion d’arme, Georges Guynemer, le 9 juin, peu après avoir été nommé caporal, fut affecté au sein d’une escadrille dans laquelle il devait servir jusqu’à sa mort : la MS 3 commandée par le capitaine Antonin Brocard, formation qui s’apprêtait à se couvrir de gloire – jusqu’à devenir la plus glorieuse des ailes françaises de 14-18 – et qui était alors stationnée à Vauciennes (Oise). « Le gosse de vingt ans était chic, très chic, d’une mise élégante, même recherchée, qui, je l’avoue, produisit sur moi un effet désastreux. » a raconté l’adjudant Charles Védrines, qui l’accueillit à son arrivée. Le sous-officier le prit pourtant sous son aile, et ne ménagea pas ses efforts pour que ce jeune pilote de dix-neuf ans, qui « cassa du bois » à ses débuts, perfectionnât son pilotage. Au gré de la modernisation de son parc, la MS 3 deviendrait successivement l’escadrille N 3 puis la redoutable SPA 3 dite « des Cigognes » en raison du symbole – une « cigogne d’Alsace à l’envol, aux ailes basses en fin de battement » – qui serait peint à partir de juin 1916 sur le fuselage de ses avions. Georges Guynemer, aux commandes d'un Morane-Saulnier « Parasol » équipé d'une mitrailleuse Lewis montée sur affût mobile, remporta sa première victoire le 19 juillet 1915 contre un Aviatik, biplan que l'observateur Charles Guerder, qui actionnait la mitrailleuse du biplace, descendit, et qui s’écrasa dans les lignes ennemies au sud de Soissons (Aisne). Une victoire qui valut à celui qu’on surnommait le « Gosse » – et parfois « Fil de fer » – l’attribution de la Médaille militaire (décoration qu’il reçut deux jours plus tard, au lendemain de sa nomination au grade de sergent, des mains du général Pierre Dubois commandant la VIe armée) et... le respect de ses camarades pilotes : « Il me semble qu’au début ils le prenaient pour un jeunot, un "blanc-bec" sans expérience. Il paraissait si jeune et si frêle ! Il avait l’air malade. Mais dès qu’il a abattu son premier avion allemand [...], il me semble qu’on commença à le considérer mieux. De mieux en mieux, au cours de ses exploits. » a rapporté une habitante de Vauciennes.
 
Ses succès, Georges Guynemer les remporta en général en appliquant une technique imparable : s'approcher au plus près de l'ennemi pour l'abattre d'une courte rafale, méthode efficace mais risquée car exposant plus que de raison au tir défensif du mitrailleur arrière de l'avion pourchassé et qui, à de nombreuses occasions, valut à l’intrépide pilote de revenir au terrain avec son appareil fortement endommagé. Après avoir abattu le 5 décembre un second Aviatik au nord de Bailly (Oise), avoir tiré trois jours plus tard, à vingt mètres, sur un avion tombé au sud de Roye (Somme) et avoir atteint le 14 décembre suivant, avec le sergent Louis Bucquet, un Fokker qui s’écrasa au sud-est de Noyon (Oise), la croix de chevalier de la Légion d’honneur lui fut décernée, le 24 décembre, jour de ses vingt-et-un ans… et de sa majorité civile. Puis les victoires s’enchaînèrent : trois victoires dans la journée du 3 février 1916, un biplan LVG tombant en flammes le surlendemain, un avion abattu le 8 février… Le 12 mars, le jeune as de guerre, nommé sous-lieutenant à titre temporaire huit jours plus tôt, dut toutefois quitter Breuil-le-Sec et le secteur tenu par la VIe armée : il fut retenu pour être détaché – avec les meilleurs pilotes de son escadrille – pour prendre part à la bataille de Verdun, sous la férule du « père de l’aviation de chasse », le chef d’escadrons Charles de Tricornot de Rose, sommé par le général Philippe Pétain en charge de la défense de la ville de « balayer le ciel de Verdun » ; il y abattit aussitôt un avion. Au moment de ce transfert, l’aviateur totalisait déjà huit victoires officielles et avait par ailleurs participé à deux missions spéciales « importantes, difficiles et particulièrement périlleuses » visant à déposer un espion à l’arrière des lignes ennemies. Cependant, le lendemain de son arrivée sur les bords de la Meuse, l’as côtoya la mort : en combat, il fut grièvement blessé, recevant deux balles dans le bras gauche et, dans la mâchoire, un fragment de métal du pare-brise de son chasseur ; il fut aussi victime de plusieurs contusions au visage et au cuir chevelu. Le jeune officier fut évacué sur Paris où on le soigna à la mission médicale japonaise installée sur les Champs-Elysées, dans l’hôtel Astoria.
 
Deux mois plus tard, le 13 mai, convalescent, il prit part à Dijon, sur l’aérodrome d’Ouges-Longvic, à une importante prise d’armes au cours de laquelle, comme porte-drapeau, il reçut un prestigieux emblème qui fut présenté aux troupes : le drapeau de l’Aviation militaire. Totalement remis, il put rejoindre son escadrille peu après et prendre part à la bataille de la Somme, à partir du terrain de Cachy (à l’est d’Amiens), théâtre d’opérations où, de juin 1916 à janvier 1917, il ajouta une vingtaine de victoires sûres à son palmarès. C’est au cours de cette période que le jeune officier sortit miraculeusement indemne d’une terrible « méprise » : le 23 septembre, son appareil fut touché de plein fouet par un obus français en repassant sur les lignes et chuta de 3 000 mètres. « Je suis venu m’effondrer à quelques mètres de leur batterie. Ils ont été terriblement navrés, et c’est moi qui ai dû leur remonter le moral. [...] Tout de même, ce fait prouve que nos pièces antiaériennes sont adroites. Atteindre un SPAD à 3 000 mètres, c’est de la précision ou je ne m’y connais pas ! » Il fut promu au grade de capitaine le 18 février 1917, époque où la SPA 3, avec les autres escadrilles composant le groupe de chasse n° 12 créé à l’automne précédent, se trouvait basée en Lorraine, à Manoncourt-en Vermois, pour assurer la protection de Nancy.
 
Georges Guynemer, qui a combattu jusque-là sur plusieurs types d'avions (il débuta sur biplace Morane-Saulnier « Parasol » puis vola successivement sur Nieuport 10, sur Nieuport 17 puis sur Spad VII, avion avec lequel il remporta bon nombre de ses victoires), se passionnait dans le même temps pour la technique et, en coopération avec Louis Béchereau, ingénieur en chef des ateliers de la firme SPAD, il s’investit dans la mise au point d’un avion révolutionnaire par son armement, qu’il surnommait familièrement son « avion magique » : le Spad XII-Canon, appareil dont le moteur Hispano-Suiza fut adapté pour être traversé par le tube d’un canon Hotchkiss de 37 millimètres tirant par le moyeu de l’hélice, qu’il pilotera pour la première fois le 5 juillet 1917 et avec lequel il franchira le cap symbolique des cinquante victoires certifiées. Fut également mise au point avec son concours une « ciné-mitrailleuse ».
 
En juillet, après avoir participé au printemps à l’offensive Nivelle dite « du Chemin des Dames », la SPA 3 mit le cap sur la mer du Nord et s’installa dans les Flandres, front sur lequel « le meilleur et le plus audacieux des pilotes de combat français » s’illustra, à partir de l’aérodrome de Bergues (Nord), devenant grâce à la presse – qui se mit à rapporter chacun de ses exploits – le plus célèbre des héros de la chasse française. La lutte y fut toutefois acharnée et l’intrépide pilote, promu le 5 juillet officier de la Légion d’honneur sur le terrain de Bonne-Maison (près de Fismes, dans la Marne) par le général Louis Franchet d’Espèrey commandant le groupe d’armées du Nord, fut à plusieurs reprises « descendu », ce qui lui valut d’apparaître surmené, nerveux, voire même « tourmenté ». « C’est fatal, je ne m’en sortirai pas... » confia-t-il le 28 août au vicaire de l’église Saint-Pierre-de-Chaillot de Paris. Quelques jours après que lui ait été confié le commandement de « son » escadrille en remplacement du capitaine Alfred Heurtaux, grièvement blessé en combat aérien le 3 septembre, Georges Guynemer disparut, tué en combat aérien le 11 septembre 1917, vers 9 h 30, d'une balle dans la tête, près de Poelcapelle (aujourd’hui Langemark-Poelkapelle, en Belgique). Il avait décollé une heure plus tôt aux commandes d’un SPAD XIII du terrain de Saint-Pol-sur-Mer situé près de Dunkerque (Nord). Il s'écrasa dans le no man's land, où sa dépouille fut formellement identifiée par un soldat allemand – le visage de l’aviateur étant demeuré intact – peu avant que l’appareil et son pilote ne soient pulvérisés par le feu de l’artillerie britannique. Georges Guynemer, qui était parti en patrouille avec le sous-lieutenant Jean Bozon-Verduraz, avait repéré un Rumpler et aussitôt foncé en direction du biplan. Son compagnon l’avait suivi, mais avait dû engager le combat avec plusieurs Fokker et, après être resté seul dans le ciel et avoir attendu son chef, il avait dû se résoudre à s’en retourner au terrain… où le commandant de la SPA 3 n’était pas rentré... et où le Vieux-Charles ne reparut jamais. « Il m’avait juré quelques jours auparavant que les Allemands ne l’auraient pas vivant. » a écrit le chef de bataillon Brocard. Georges Guynemer, dont la disparition ne fit la une des quotidiens que le 26 septembre (après avoir été annoncée officiellement la veille par le ministère de la Guerre), n'avait pas vingt-trois ans.
 
Sa vingt-sixième – et dernière – citation à l'ordre de l'armée, qui lui fut décernée le 16 octobre 1917 par ordre général n° 50 signé du général François Anthoine, est la plus connue de toutes : « Le général commandant la 1re armée cite à l’ordre de l’armée le capitaine Guynemer, commandant l'escadrille n° 3. Mort au champ d'honneur le 11 septembre 1917. Héros légendaire, tombé en plein ciel de gloire, après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la race : ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable en la victoire, il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l'esprit de sacrifice et les plus nobles émulations. »
 
Crédité au moment de sa mort de cinquante-trois victoires homologuées – dont huit doublés, un triplé (remporté le 16 mars 1917, prouesse encore jamais réalisée dans l’aviation de chasse) et... un quadruplé (remporté le 25 mai 1917) – et de vingt-neuf probables, Georges Guynemer figurait à la première place au classement général des as français, ce qui lui valait de porter le titre envié d’as des as. Il portait une croix de guerre « surchargée » de palmes de bronze ainsi que plusieurs prestigieuses décorations étrangères : il s’était vu remettre la croix de guerre belge et avait aussi été fait officier de l’ordre de Léopold (Belgique) et compagnon de l’ordre du Service distingué (Royaume-Uni) ; il avait également été décoré de la croix de l’ordre impérial et militaire de Saint Georges (Russie), de la croix de 2e classe de l’ordre de Michel le Brave (Roumanie), de l’épée de 4e classe de l’ordre de l’Étoile de Karageorge (Serbie), de l’ordre militaire de la Tour et de l’Épée de Valeur, Loyauté et Mérite (Portugal) et de l’ordre du prince Danilo Ier (Monténégro). Avant qu’il ne s’envole pour sa mission fatale, il totalisait 665 heures et 55 minutes de vol.
 
 Le 19 octobre 1917, la Chambre des Députés fera sienne la proposition du député de la Seine Joseph Lasies d’inscrire le nom de Guynemer au Panthéon, « temple des gloires françaises », et une plaque « À la mémoire de Georges Guynemer, symbole des aspirations et des enthousiasmes de l’armée de la Nation » y sera dévoilée le 30 avril 1922 par Raymond Poincaré, président du Conseil. Le 8 juillet 1922 sera inauguré à Poelcapelle le premier – et le plus connu – des monuments élevés à sa mémoire : un monument surmonté d’une cigogne portant le texte de la dernière citation attribuée à l’as et un hommage des aviateurs belges. Le 13 novembre suivant, la municipalité de Compiègne inaugurera un monument, œuvre du sculpteur Henri Navarre, à la gloire du plus illustre de ses « enfants ». Quelques jours après, le 23 novembre, pour conserver le souvenir de l’un de ses plus illustres élèves, le collège Stanislas de Paris inaugurera un haut-relief de marbre sculpté par l’artiste Armand Roblot. Dix ans plus tard, la future « base aérienne 102 » de Dijon honorera à son tour l’aviateur par la construction d’un monument orné d’un bronze de l’artiste Ovide Yencesse et, en 1934, Malo-les-Bains, d’où l’as décolla pour la dernière fois, fera de même. Le 3 avril 1948, le secrétaire d’État à l’Air André Maroselli, solennellement, confiera la fourragère de l’as à la garde de l’École de l’air de Salon-de-Provence où, quelques années plus tard, un monument en forme d’arc sera élevé, gravé de la devise personnelle de l’aviateur : « Faire face. »

Frédéric Lafarge, délégué au patrimoine historique de la base aérienne 102 (Dijon).

Bibliographie :
-BORDEAUX Henri : Vie héroïque de Guynemer, le chevalier de l’air, Plon, Paris, 1918.
-CUICH Myrone Nicolas : Guynemer et ses avions, Tourcoing, 1980 (ISBN 2902883013).
-ROY Jules : Guynemer : l’ange de la mort, Albin Michel, Paris, 1986.
-MÉCHIN David : « Georges Guynemer, chasseur de gloire », magazine mensuel Le Fana de l’Aviation, numéros 507 et 508 de février et mars 2012.
 
Archives :
-Département Air du Service historique de la Défense (château de Vincennes).
-Bureau des archives et des réserves de l’Armée de l’air (base aérienne 102 de Dijon).
COLLEGE STANISLAS
22 rue Notre-Dame des champs - 75279 PARIS Cedex 06
Tel : 01-42-84-88-00 - FAX : 01-42-84-88-53